Quel rapport entre un fauteuil, une patate, une plante verte et un sans-abri ?

Il n’a pas de toit.
Il n’a plus d’espoir.
Il ne regarde pas vers l’avenir.
On ne vit pas, quand on est à la rue, on survit.
Cet homme vit comme un animal.

Ainsi chaque jour les personnes qui vivent dans la rue sont enterrées vivantes par nos paroles et nos regards, parce qu’elles sont des images d’un passé sans avenir, des symboles sur lesquels nous plaquons nos idées.

Pour les passants ou les voisins, elles peuvent représenter une société qui marche sur la tête et fabrique ses propres exclus, ou encore un monde d’assistance et d’assistés.
Pour les travailleurs sociaux, elles sont parfois symbole de leur impuissance, tant ils ne savent plus comment les aider à franchir les obstacles pour aller mieux, dans un contexte généralisé de pénurie (de logement, de travail, de dispositifs d’urgence, etc.)
Pour les politiques, elles dégradent l’image de leur commune. Il s’agit alors de les cacher plutôt que de s’intéresser réellement à leur vie. D’autant qu’elles ne votent que rarement.
Pour le monde marchand, elles ne représentent rien : ni rentables sur le marché du travail, ni consommatrices, elles sont hors sujet.

Ainsi, chaque jour, les regards qui se posent sur ces personnes, exposées aux yeux de chacun, les transforment en symboles figés, et enterrent un peu plus les avenirs, les potentiels, les espoirs que représente pourtant tout homme.

Si vous pouvez voir le potentiel d’une patate, pourquoi pas celui d’un sans-abri ?

Il y a quelques mois, l’association « Chez toit », qui accompagne de jeunes errants, a rappelé le potentiel que représentent ces jeunes à travers une campagne à la fois drôle et juste. Potentiel, promesses et possibilités : autant de mots qu’on est prêt à appliquer à un fauteuil, une plante, une patate.

Alors pourquoi pas à un homme ?

Et une vidéo (l’accent québécois ne gâche rien !) :

L’ensemble des supports de la campagne sont accessibles en ligne sur le site de Chez toit.

Souhaitons une année 2012 qui s’attache aux hommes derrière les symboles, et qui en chaque homme voit une promesse d’avenir. Bonne année !

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2 responses to “Quel rapport entre un fauteuil, une patate, une plante verte et un sans-abri ?”

  1. Audine says :

    Si tout allait bien dans le meilleur des mondes, ce blog n’aurait pas besoin d’exister. Alors je lui souhaite une très courte vie!
    Mais comme il faut rester lucide, je lui souhaite aussi une Bonne Année et une bonne continuation.
    Au plaisir, malgré tout, de lire ces chroniques de la rue!

    • Billiezekid says :

      Merci pour ces encouragements…
      Une petite chance que ce blog n’existe plus fin 2012: c’est les élections! Ah non, c’est pas crédible…? Bah alors que ce blog raconte des rencontres humaines alors, entre des gens qui essaient d’aller mieux… dans un monde pas si meilleur pour autant.

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