Les vieux copains de la rue

On s’est vus beaucoup, un temps. Chaque semaine, ou presque.
Plus que la famille et les amis.

Au début, on s’est regardés en biais. Puis on s’est apprivoisés, on s’est habitués. On a passé des heures à tchatcher, à plaisanter, à s’inquiéter, à se chercher. On s’est fait des bises, on s’est pris dans les bras, on s’est aimés.

Et un jour, nos routes se sont séparées. Un départ à Montauban, un retour en famille en Ukraine, un plan logement chez un pote en banlieue, une hospitalisation qui dure, loin. Puis à mon tour de partir. Une maison qui change, un métier différent, ailleurs.

Parfois, on se retrouve. Un coup de fil, une rencontre au détour d’une rue, un passage calculé près d’un banc ou une bouche de chaleur, un rendez-vous dans un café. On se reconnaît presque toujours.

On est très émus de se voir. On se donne des nouvelles, mais le temps a passé, on sait plus trop par où commencer. Alors on cherche les questions qu’on pourrait se poser. On reste en silence à côté, et parfois ça suffit.

Comme des vieux copains.
Contents de s’être connus, contents de s’être revus.
Tristes de ce qui n’est plus.

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