Tant de souffrances dans ton corps réunies

Tu nous ouvres à peine la porte, je ne veux plus jamais vous voir, ni vous ni personne, mais tu commences à parler et tu ne t’arrêtes plus. Alors on reste, on s’invite un peu, on questionne doucement, et tu déballes si vite, si pleinement, si longtemps.

Tu décris avec précision l’enfer dans ta tête.
Tellement de précisions que ça devient réel.
Tu nous fais toucher du cœur ta souffrance et ça fait très mal.
Ma parole, ça ressemble vraiment à l’enfer.

L’insupportable extérieur.
Les gens qui te dévisagent dehors, dans la rue, tu le sais, ils disent du mal de toi.
Ça te bouffe l’existence, tu le répètes, tant et tant.
Tu te sens tellement irritable, et ça t’irrite tant.
Tu ne sors plus, ou si peu.

L’insupportable intérieur.
Ces voix, c’est chiant, tu répètes ça, c’est chiant, les voix dans la tête, tellement chiant. Chiant. Chiant. Chiottes quoi. Elles ne te laissent pas de répit.
Et les voisins ligués contre toi, qui font ces bruits pour t’emmerder, juste t’emmerder, mais pourquoi à la fin ?

Tu n’attends rien de nous. Rien. Rien. Rien. De nous, ni de personne, d’ailleurs.
La famille n’en saura rien, les amis n’existent pas.
Les médecins, ils n’y pourront rien, tu ne vois pas l’intérêt de leur en parler.
Les pairs, ceux qui traversent ou ont traversé des épreuves similaires, idem.

Tu crains les étiquettes, la folie, les appartenances.

Tu veux trouver tout seul, tu dis que tu as déjà fait un tel chemin, que tu y arriveras seul, voilà quoi. Que la relation te détruit. Tu dis ça. Que la relation, toute relation, te détruit. Et tu t’agaces, tu nous redis que tu ne veux plus nous voir, jamais, personne, ni ici ni ailleurs.

Tu remballes ta souffrance, et tu nous mets dehors.
Poliment, mais fermement.

On referme la porte. Je respire. Je prends l’air, je marche. Imprégnée de ta douleur.
Merde, ça peut être ça, la souffrance psychique.
C’est terrifiant.

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One response to “Tant de souffrances dans ton corps réunies”

  1. Babeth says :

    Oui, c’est terrifiant, parce que même chez lui, seul, il n’est pas à l’abri de ces voix. Elles sont là tout le temps, partout, où qu’il soit, où qu’il aille. Il y a un taux de suicide très élevé chez les schizophrènes :-(

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