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Oui, ta colère est légitime

Tu es en colère. Très en colère.
Tu cries fort cette colère à qui veut l’entendre, aux gens en qui tu as confiance, aux inconnus. Tu la cries avec des mots durs, des éclats de voix, ton portable fracassé sur le sol, une agitation dans tout ton corps.
Ta colère, elle te fait peur. Parce que tu n’aimes pas être en colère, et tu n’aimes pas l’homme en colère que tu es. Lire la suite

N’appelez pas homme des bois cet homme qui m’est cher

Y a pas très longtemps, je furetais en librairie. Me passe alors entre les mains un bouquin que je ne citerai pas, vous comprendrez pourquoi. Ça parle de pauvreté et de France en crise tout ça, je le feuillette. Et tombe sur un passage qui décrit un « homme des bois », voisin de quartier que l’auteure croise régulièrement. Je lis une première fois, puis une seconde. Je le reconnais, cet homme des bois. Lire la suite

Il est libre, Farid

Je l’ai rencontré souvent dans la rue, il marchait toujours en haillons, parlait parfois de Jésus, parfois du grand tout cosmique, parfois de lui à la troisième personne. J’ai marché un soir des kilomètres dans toute la ville, guidé par lui qui ne voulait pas que cette conversation se termine. Des lundis soirs sans fin, on a parlé sous la pluie des heures et des heures. Un dimanche matin, j’ai essayé de lui suggérer d’accepter le caleçon qu’une dame du marché lui proposait, pour qu’il ne finisse pas encore une fois au poste pour atteinte à la pudeur ; il m’a alors signifié clairement que je franchissais les limites de ce que je pouvais me permettre de lui dire, en me recommandant de « retourner dans [ma] cuisine ».  Lire la suite

Qu’est-ce que tu dis ? Demande à Rafael !

Rafael dort dehors depuis des années. Il ne se déplace pas PSPM pour aller dans des CHU. Un temps, il a fréquenté le CHAPSA, mais Nanterre ça fait trop loin pour lui maintenant. Lire la suite

Mourad, agent du « vivre ensemble »

« Bonjour princesse ! » Mourad use et abuse de cette apostrophe. Il salue ainsi les fillettes qu’il voit grandir, mais aussi leur mère, et leurs grands-mères. Pour les garçons, il trouve un autre mot gentil. Car Mourad déborde d’affection et d’amour pour ses concitoyens, son quartier, sa ville, la vie. Il la partage avec générosité, claque des bises à qui en veut, des services à qui en a besoin, des blagues à tous. Lire la suite