Tag Archive | pauvreté

La CAF vous souhaite un joyeux week-end de Pâques

Tu voulais téléphoner à la CAF, une attestation à demander, un truc sans importance mais tu n’avais plus de crédit alors tu as attendu notre visite. Tu t’étais déplacé le matin même, mais les bureaux étaient fermés pendant une semaine, ça arrive, les agents sont tous mobilisés pour essayer d’éponger un peu le retard.

On a mis le haut-parleur, habitués que nous sommes aux musiques d’attente et autres joies des institutions au bout du fil, à coups de tapez 1 tapez 2 tapez 3 je n’ai pas saisi votre choix merci de taper à nouveau votre code secret votre délai d’attente est estimé à merci de rappeler ultérieurement nous ne pouvons donner suite. Le haut-parleur, ça nous permet de continuer à causer d’autres choses, on écoute d’une oreille et on papote en même temps. Pratique. Lire la suite

Ta vie qui vient percuter la mienne. Chapitre 1 : la pauvreté

Ça arrive plusieurs fois par jour, dans ma vie professionnelle.
Ta vie qui vient percuter la mienne de plein fouet, sans prévenir.
Tes expériences tes mots tes gestes qui rentrent par mes yeux mes oreilles ma peau, avant de chercher (parfois longtemps) une place dans mon cerveau mal (ar)rangé.

Ma vie de BBB – bonne blanche bourgeoise –, elle est douce comme du coton, tellement les vies des gens qui m’entourent lui ressemblent. Bon, des fois ça percute quand même. Mais disons, c’est l’exception. Au travail, c’est le quotidien.

Tiens, par exemple, cette fois-ci, j’ai envie de parler des histoires de sous. Lire la suite

Vie de maraudeur (bénévole) du soir

Je viens de retrouver ce texte qui date de juin 2009, et l’envie m’a prise de le partager. Plongée dans le passé…

Marauder, pour moi, c’est…
Regarder la météo autrement, se dire que putain il pleut, merde ça cogne, ouf ça se maintient, va y avoir de l’orage ?
L’odeur des soupes en sachet, des plaques chauffantes, de la pisse, de la bière, du café.
Un garçon de 14 ans, pieds nus, en tee-shirt et jean trop court, par une nuit de grand froid, qui raconte l’Afghanistan d’où il vient et l’Angleterre où il va.
S’assoir sur ses idées, se prendre des claques, virer de bord.
Une présence indéfectible, absolument indéfectible.
Porter un peu de la vie d’inconnus, qui du coup ne le sont plus, et en partager quelques grammes, pour que ce soit moins lourd.
Se résoudre à l’impuissance, pleurer sur l’impossible. Lire la suite

Ça m’étonnerait même pas que ce soit vrai, ce que je dis

Je suis au bout du rouleau.
Pas de ressources en ce moment, la manche, le deal, un peu d’indic pour mes doses, une maman qui ne répond pas à ma lettre la salope elle a ses raisons.

Tu es au bout du rouleau, ce sont mes mots.
Plus au travail, le canapé, le sommeil beaucoup trop mais que faire. Lire la suite

N’appelez pas homme des bois cet homme qui m’est cher

Y a pas très longtemps, je furetais en librairie. Me passe alors entre les mains un bouquin que je ne citerai pas, vous comprendrez pourquoi. Ça parle de pauvreté et de France en crise tout ça, je le feuillette. Et tombe sur un passage qui décrit un « homme des bois », voisin de quartier que l’auteure croise régulièrement. Je lis une première fois, puis une seconde. Je le reconnais, cet homme des bois. Lire la suite

De quoi se réjouit-on ? Ou le scandale des hôtels au mois

Hier, un Monsieur qui a dormi tant d’années à la rue qu’on ne les compte plus a dormi au chaud dans un lit avec des draps. En soi, une bonne nouvelle, non ? Les nuits commencent à être vraiment fraîches, en ce mois de décembre.

Monsieur a intégré un hôtel parce qu’un hôtelier avait une chambre vide, et que ce dernier savait qu’il pouvait compter sur les associations pour ne pas la laisser inoccupée longtemps. Nous avons donc joué les intermédiaires, en informant Monsieur de cette possibilité. Il a dit oui rapidement, comme si c’était une évidence. Lire la suite

Une nuit de janvier

Par une glaciale nuit de janvier, quelques minutes avant que minuit sonne, on a croisé un couple. La dame avait un petit de 4 mois sur le ventre.
Je leur ai dit bonsoir tout va bien ce soir? Je ne savais pas s’ils rentraient de soirée ou si pour eux la soirée était éternelle.
Elle m’a dit oui ça va merci, mais elle n’était pas convaincante.
Je lui ai dit vraiment, ça va aller? Vous avez un endroit où aller?
Elle m’a dit en fait non, on sait pas où on va dormir. Lire la suite