Tag Archive | souffrance

Ce soir,

J’ai la rage.
Contre lui, ses poings, sa haine, sa force.
Son mépris, son arrogance.
Sa domination.
Sa croyance que tu lui appartiens.
Sa certitude de sa toute puissance.
Ce qu’il fait de ton corps tout entier.

Je suis triste.
De la peur dans tes yeux.
De l’estime de toi entamée.
De l’injustice encore, de toi qui donnes tant et qui prends si cher.
De tes questions sans fin, qu’est-ce que j’ai fait pour toujours tomber sur des mecs comme ça, est-ce que je suis pas un peu responsable, c’est ça l’amour ? Tu m’en veux, hein, de m’être encore mise dans une histoire pareille ?

Je suis vénère.
Après toi, voisin.
Quand on t’a demandé d’être vigilant, d’appeler la police si tu l’entendais se pointer ou la menacer, tu as dit non, je suis pas une poucave.
Pardon?
Tu as répété, moi j’ai grandi à Drancy, c’est comme ça, la règle c’est l’omerta. Je suis pas une poucave, j’appelle pas la police.
Vous réalisez qu’elle est en danger ?
Je. Suis. Pas. Une. Poucave.
J’aurais pu te déboiter la mâchoire de ta lâcheté au nom d’un soi-disant honneur.

Je suis fière.
De n’avoir pas une seconde eu peur de lui, face à face.
Que sa potentielle violence ne génère que mon mépris.
De Yann, qui m’accompagnait, de sa force sûre et juste.
De toi qui décides que non, tu ne peux plus accepter tout ça, toi qui oses, relèves la tête, prends des risques incommensurables.

J’ai envie.
De le prendre par le col, de le coller au mur, de lui dire des choses comme si tu la violentes encore une fois je t’arrache les couilles.
De te dégoter le prince charmant dont tu rêves. Un mec qui te prenne pas pour son esclave, qui propose de faire la vaisselle quand tu as préparé à manger, avec qui tu auras des enfants que vous élèverez ensemble, tu as entendu dire qu’il y a des couples où ça se passe comme ça, c’est vrai, c’est possible ?
De dormir d’un sommeil noir et profond.

La crise

Elle monte, la crise.
Elle continue à monter, on sait pas bien quand elle va s’arrêter de monter. Un peu comme le prix de l’immobilier dans les grandes villes.
Elle s’emballe, la crise. Et ça fout le bazar total, ça te fait galérer grave.

Elle te transforme en un magma d’émotions et de réactions bizarres.
Tu te balades dans la rue avec un 16 mm, tu restes des heures devant la porte de ton voisin en l’insultant, tu menaces ta mère et l’accables de reproches. Lire la suite

Ta vie qui vient percuter la mienne. Chapitre 1 : la pauvreté

Ça arrive plusieurs fois par jour, dans ma vie professionnelle.
Ta vie qui vient percuter la mienne de plein fouet, sans prévenir.
Tes expériences tes mots tes gestes qui rentrent par mes yeux mes oreilles ma peau, avant de chercher (parfois longtemps) une place dans mon cerveau mal (ar)rangé.

Ma vie de BBB – bonne blanche bourgeoise –, elle est douce comme du coton, tellement les vies des gens qui m’entourent lui ressemblent. Bon, des fois ça percute quand même. Mais disons, c’est l’exception. Au travail, c’est le quotidien.

Tiens, par exemple, cette fois-ci, j’ai envie de parler des histoires de sous. Lire la suite

Mon cassoulet avait le goût de tes coquillettes

Je suis dans ces trains que j’aime tant, ter et intercités qui traversent la France. Dehors le jour se lève sur la pluie, le vent, le vert et la campagne. Dans ma tête se mêlent la peur, les souvenirs, l’urgence de te voir. L’ailleurs terrifiant est là le temps d’un dimanche à la campagne. Lire la suite

Tant de souffrances dans ton corps réunies

Tu nous ouvres à peine la porte, je ne veux plus jamais vous voir, ni vous ni personne, mais tu commences à parler et tu ne t’arrêtes plus. Alors on reste, on s’invite un peu, on questionne doucement, et tu déballes si vite, si pleinement, si longtemps.

Tu décris avec précision l’enfer dans ta tête.
Tellement de précisions que ça devient réel.
Tu nous fais toucher du cœur ta souffrance et ça fait très mal.
Ma parole, ça ressemble vraiment à l’enfer. Lire la suite