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Retour à la terre et aux mots

Carotte et millepertuis, c’est le nom de mon nouveau blog.
Je reprends la plume, mais ici : https://carotteetmillepertuis.wordpress.com/2017/07/03/retour-terre-mots/
Parce que la vie bouge, parce que la terre m’appelle, pour partager tout ça.
Mes premiers posts parlent lune de miel et stage en méditation maraîchage.

Merci d’avoir suivi mes années d’éduc, merci de vos mots encourageants, vos partages d’expérience, votre soutien. Ils ont été précieux, très !

Je serais heureuse de vous retrouver là : https://carotteetmillepertuis.wordpress.com/

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Des bisous, je vous aime.

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Elle s’appelle Zebiba

Elle s’appelle Zebiba et je viens de découvrir son prénom dans cet article Des noms derrières les migrants morts à Calais. Pour la deuxième fois aujourd’hui, la mort de cette Erythréenne vient traverser ma journée.

La première fois c’était chez Myriam cet après-midi, dans la douce odeur du café fraîchement moulu et préparé dans une magnifique cafetière en terre cuite.

Myriam pense à Zebiba sans connaître son nom et elle répète, parce chaque parcelle de son corps a gardé le souvenir du pire, elle dit elle répète que tout ce voyage pour mourir à Calais, vraiment, c’est terrible.

Myriam a vu Calais et elle a fait demi-tour. Elle a dit je suis arrivée jusque là, je reste. Presque étonnée d’être vivante, pas bien sûre que ça durera.

Cet après-midi, elle raconte la galère les papiers la peur la violence les hommes la solitude, sur la route en transit à l’arrivée encore maintenant.

Aujourd’hui Myriam marche sur un fil, le passé est à fleur de peau et le présent comme absent.

Et c’est pour Zebiba morte que ses larmes coulent, c’est vers elle que toutes ses pensées vont.

La crise

Elle monte, la crise.
Elle continue à monter, on sait pas bien quand elle va s’arrêter de monter. Un peu comme le prix de l’immobilier dans les grandes villes.
Elle s’emballe, la crise. Et ça fout le bazar total, ça te fait galérer grave.

Elle te transforme en un magma d’émotions et de réactions bizarres.
Tu te balades dans la rue avec un 16 mm, tu restes des heures devant la porte de ton voisin en l’insultant, tu menaces ta mère et l’accables de reproches. Lire la suite

Deux heures avec toi

Un tourbillon. Tu es un tourbillon.
Tu parles, beaucoup. Tu bouges, non-stop, mais c’est un peu aussi à cause de ton traitement.
Tu ne t’arrêtes de rien, jamais. Tes blagues sont drôles et me font rire. Même si tu frises parfois la désobligeance, parce que tu frises parfois la désobligeance.

Cet après-midi là, toi et nous, on a tout le temps. C’est pas toujours. Ça tombe bien, tu as plein de fils à démêler. Tu nous embarques à la mairie aux impôts au cyber au supermarché au PMU chez toi au téléphone avec EDF la CAF la MDPH le CMP ta mère un ami. Lire la suite

J’aurais voulu

Romane.
Janusz (prononcer Yanouch, j’y tiens).
Amrik.

Vous ne m’avez pas laissé le temps.
J’aurais voulu pour chacun des mots uniques. Ça n’aurait pas suffit.
Alors j’aurais voulu pour chacun des mots à n’en plus finir, des chapitres, des romans, des pages et des pages. Lire la suite

Mon cassoulet avait le goût de tes coquillettes

Je suis dans ces trains que j’aime tant, ter et intercités qui traversent la France. Dehors le jour se lève sur la pluie, le vent, le vert et la campagne. Dans ma tête se mêlent la peur, les souvenirs, l’urgence de te voir. L’ailleurs terrifiant est là le temps d’un dimanche à la campagne. Lire la suite

Les mots de la rentrée

C’est vendredi. Une journée ordinaire d’une semaine de rentrée. J’avais prévu la frénésie, la voilà. C’est fou, le nombre de mots qu’on entend, qu’on prononce, qu’on écrit et qu’on lit en une seule journée. C’est fou, le nombre de mondes qui se croisent, qui se répondent un peu, parfois, ou pas du tout. C’est fou, ce tumulte des mots.

D’abord l’horreur de Sabra et Chatila découverte au petit matin, les corps, le sang, le silence. Des mots en cascade, des mots d’horreurs, des mots insupportables, des mots qui coupent la voix.1

Puis ils ont rebranché EDF ! Finis la peur du noir, les bougies, dormir chez le cousin. Des mots de soulagement, de joie, des cris presque. Des mots qui réjouissent, des mots légers. Lire la suite

Sa Majesté

Le bateau glisse lentement sur l’eau. Autour, la mer. Partout, la mer. Noire. Seule la lune l’éclaire doucement, par intermittence. Quelques reflets entre deux nuages, l’écume devenue brillante l’espace d’un instant. Mais surtout, une masse noire, silencieuse, à perte de vue. Lire la suite

La vie n’est qu’absurde

On se connaît depuis, combien, 18 mois peut-être ? Je ne sais plus exactement.Tu t’appelles Gérard, mais un peu Rosa aussi, comme je l’ai raconté ici : Je suis Rosa et je veux tout.

Ça y est. Tu es viré de ton appart. Lire la suite

J’ai 30 ans et j’étudie toute proposition de révolution

La lune se lève, ronde, lumineuse et puissante.
Je la regarde, elle m’apaise.
Elle accompagne la colère qui monte en moi.
Une colère entière, forte, en feu.
Une colère qui monte, croît, brûle.

Colère pour tout ce que j’ai vu.
Colère pour tout ce que je n’ai pas vu.
Colère pour tout ce que j’imagine. Lire la suite

Parfois, j’ai envie d’abandonner

Parfois, j’ai envie d’abandonner.

J’ai envie de pouvoir prendre l’avion une voiture un steak sans réfléchir au bilan carbone et à l’impact écologique de mon geste. De ne pas voir les enjeux de pouvoir et de domination dans les relations de genre, de soins, de classe, d’origine, professionnelles, éducatives. D’oublier les injustices les inégalités les offenses à la dignité les privations de liberté. De trouver normal d’être si privilégiée d’avoir été si protégée. De trouver rassurante et apaisante l’autorité de chefs si peu bienveillants. De m’en remettre à une religion un parti politique une secte. De consommer des produits fabriqués au Bengladesh et à la durée de vie si courte sans penser à la durée de vie si courte des petits humains qui les ont confectionnés. De ne rien savoir des exclusions des précarités subies des vies de lutte sans fin. De remettre des certitudes sur les mots folie et normes.

J’ai envie d’oublier la vie qui pique, le noir, le silence, le vide, les rêves inaccessibles et les amours imaginaires.

J’ai envie de fermer les yeux, d’être bercée par des chants basques ou japonais, et qu’on me répète que tout ira bien. Et j’ai envie d’y croire.

Trois jours de sexe non-stop

C’était Pâques.
Il y avait de l’agneau, des œufs en chocolat, des week-ends loin du tumulte quotidien.
Toi, tu n’as pas quitté ta ville, n’as pas été au bled voir ta mère, n’a pas vraiment d’amis.
Tu n’es presque pas sorti de ton modeste studio.
Mais tu viens de passer un week-end de ouf.
Trois jours de sexe non-stop. Lire la suite

Je suis Rosa et je veux tout

« Je suis Rosa et je veux tout, je suis Rosa la Rouge » chante Claire Diterzi.
J’ai passé beaucoup de temps avec Rosa la semaine passée.
Rosa s’appelle Gérard.

Gérard aime les plaisirs et les respirations que lui procurent la bière, les co-dolipranes, un rail de coke. Peu importe que ces produits le fragilisent aussi un peu, beaucoup, depuis le temps. Sa tête tourne, il aime. Lire la suite

Ça m’étonnerait même pas que ce soit vrai, ce que je dis

Je suis au bout du rouleau.
Pas de ressources en ce moment, la manche, le deal, un peu d’indic pour mes doses, une maman qui ne répond pas à ma lettre la salope elle a ses raisons.

Tu es au bout du rouleau, ce sont mes mots.
Plus au travail, le canapé, le sommeil beaucoup trop mais que faire. Lire la suite